13 novembre 2006

Flash : annulation du tournoi d'Aix-en-Provence 2007

Je renoue aujourd'hui avec les flashes que j'avais instaurés dans la version précédente de mon blog, mais c'est pour donner une mauvaise nouvelle. J'apprends cet après-midi que le Grand Prix d'échecs d'Aix-en-Provence n'ira pas plus loin que sa deuxième édition. Son organisateur, la société Chaturanga SAS vient de m'envoyer un communiqué expliquant qu'elle avait décidé "d'annuler l'événement prévu les 2 et 3 février 2007, et de ne pas envisager de le reconduire dans le futur dans cette ville. Cet événement qui représentait un volume budgétaire multi-partenaires de 150 000 euros, des retombées économiques directes pour la ville de plus de 50 000 euros, et la création d'un emploi pour la commercialisation, n'a pas suscité de soutien local, ne recueillant en tout et pour tout que 1 000 euros de subvention de la CPA pour sa troisième édition, et ce malgré plusieurs lettres et déclarations d'intention des élus locaux, notamment de Madame Joissain, maire d'Aix-en-Provence. L'emploi local dédié à la commercialisation et aux partenaires est supprimé."
Pour en savoir plus, j'ai téléphoné à Stéphane Laborde, fondateur de Chaturanga SAS. Il m'a expliqué que le Grand Prix avait été créé dans le sillage de l'open de tennis Sainte Victoire (qui a lui aussi disparu du circuit) et que, pour la première édition, il s'agissait d'un investissement de Chaturanga. En 2005, pour la 2e édition, la société avait reçu le soutien de la région et de ST Microelectronics, pour un total de 20 000 euros. Et pour 2007, juste 1 000 euros. La région et la municipalité n'ont pas suivi. Sachant que faire venir quelqu'un comme Karpov coûte au bas mot 15 000 euros, qu'il fallait aussi payer les autres joueurs et l'organisation, Chaturanga SAS a préféré arrêter les frais, ayant perdu 60 000 euros dans toute l'histoire. Cette annulation ne fait malheureusement que confirmer ce que je disais au sujet de l'organisation des gros événements échiquéens en France. Il ne s'agit évidemment pas d'un problème d'organisation, Chaturanga SAS ayant les compétences pour mettre sur pied un tel événement (elle le fait aussi à Bordeaux et au Sénat), mais d'un problème d'image. Les échecs ne sont pas perçus comme une discipline sportive à part entière et les valeurs qu'ils véhiculent restent largement méconnues. Par ailleurs, le modèle économique capable de sous-tendre de tels événements de manière pérenne reste en grande partie à inventer. J'effectuerai bientôt une interview de Stéphane Laborde qui a beaucoup travaillé sur ces sujets et peut se targuer, en France, d'être un des très rares entrepreneurs à croire que le marché des échecs "finira par exploser de manière inéluctable".

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Au-delà du caractère dommageable de la nouvelle, en effet c'est triste d'annoncer la fin d'un évènement.

Le nombre de 1000€ de subventions récoltées interpelle et amène les quelques remarques suivantes :

-Soit le commercial était payé avec un lance-pierre (3% de com)et l'on comprend qu'il aie freiné des quatre fers dans ses démarches.

-Soit la communication envers les institutionnels souffrait de l'absence d'un spin doctor.

-Soit il y a raréfaction de l'intérêt des décideurs pour les échecs.

Ce dernier point serait et de loin le plus inquiétant.

Donc, l'intervention de Séraphin Lampion deviendrait indispensable pour limiter la casse.

Anonyme a dit…

Je voudrais faire venir Kasparov, Karpov, Topalov, Kramnik et tout le top 10 pour organiser le Grand Prix de Mortadelle sur Rhone 2007.
J'ai demandé au maire et il m'a donné 1000 euros de subventions. Le maire ne veut pas payer les 2.000.000 d'euros nécessaires pour faire venir les champions !
En ces temps de chômage, une ville refuse la création d'un emploi jeune pour 1 mois, c'est quand-même incroyable !

Plus sérieusement, je pense que Monsieur Laborde a la mauvais idée de placer la charrue avant les boeufs et devrait organiser des évènements en fonction de ce qu'il peut faire et non pas en fonction de ce qu'il voudrait faire.

Bertrand a dit…

Joueur sur Aix en Provence, je regrette profondément qu'il n'y ait plus de Grand Prix... Toutefois, ce n'est pas un étonnement pour moi.

Même si une dynamique est impulsée par certains membres du club local (Echiquier du Roy René), les échecs ne sont pas encore assez populaires ici pour drainer les foules. Lorsque j'ai commencé il y a 3 ans, il n'y avait par exemple aucune possibilité de prendre des cours collectifs. Le club était lui un lieu de rencontre entre « forts » joueurs. Les échecs étaient une discipline confinée. Sans ma passion nouvelle pour le jeu, je me serais rabattu comme beaucoup sur les facilités qu'offre le web.
Les choses changent peu à peu (cours enfants et adultes mis en place, pluralité des niveaux au club...), mais nous ne sommes qu'au début de l'ascension du jeu dans la ville. Je suis très optimiste car "l'Ecole d'échecs du Pays d'Aix" attire de plus en plus d'enfants, et une réelle dynamique est enclenchée.

Ainsi, même si ce n'est que mon avis, il me semble que la réussite d'évènements aussi ambitieux que les Grand Prix de M. Laborde est subordonnée à la culture échiquéenne du lieu dans lequel ils se déroulent. Car même si tout est fait pour le grand public dans ce type de manifestations, il faut à mon sens un bagage et un intérêt minimum pour le jeu (ce qui ne veut absolument pas dire que l'on soit à + 1600 elos...). La ville d'Aix n'était pas dans cette situation à l'époque...

De plus, même si les organisateurs ne devaient pas avoir d'autres options, les prix des places ont souvent été montrés du doigt. Ils sembleraient que les soirées n'aient pas vraiment fait salle comble, et le tarif un peu élevé des places me semble à revoir.

Ceci dit, tout cela n'est qu'un avis peu informé, et je félicite M. Laborde pour sa passion et son action pour la promotion du jeu, et je déplore que notre municipalité (de droite) n'investisse pas plus dans les échecs. Pour l'art lyrique, on compte beaucoup moins que pour les échecs...

Bertrand Navarro

Anonyme a dit…

c est souvent comme ca il y a des tournois qui disparaissent comme celui de PARIS OU ON AVAIT REUSSI A FAIRE VENIR LES MEILLEURS KASPAROV KARPOV ET LES AUTRES pour un tounroi semi rapide ...Je regrette profondement ce genre de chose
HELAS IL FAUT S Y FAIRE

Maxime Marion a dit…

Ce n'est pas bien surprenant, si l'on observe un tant soit peu la politique de la maire d'Aix-en-Provence.
Mis à part l'année Cézanne, qui est un événement infect où des sommes astronomiques sont mises en jeu et qui exploite la notoriété du peintre, tout ce qui concerne de près ou de loin la culture et le social est liquidé ou à deux doigts de l'être.
C'est bien regrettable.

Anonyme a dit…

Je ne suis pas un spécialiste de l'organisation des tournois, simplement un joueur d'échecs. Si vous voulez mon avis, je vous le donne quand-même!, je pense qu'il faut regarder à l'étranger (Allemagne, Angleterre, par exemple) qui organisent de nombreux tournois Fide, beaucoup plus qu'en France. Comment font-ils, à qui s'adressent-t-ils pour financer leurs évènements. Peut-être serait-il utile d'y jeter un coup d'oeil...